Tout d’abord, je tiens à remercier et m’incliner bien bas devant Bruno, El Profesor,

pour avoir permis à un propriétaire de Rombière d’avoir la banane

en retrouvant une monture fringante, pleine de vie, ne demandant qu’à engranger à nouveau des kilomètres de toute nature.
Petite précision avant d’aller plus loin : même si cette Transalp 600 de 1998 affiche 81 879 km au compteur, elle en a un peu plus car il faut y ajouter les 6/7000 supplémentaires engrangés et non comptabilisés en raison du pignon de compteur de vitesse usé jusqu’à la moelle que j’ai mis du temps à changer. Bon, ceci dit je n’ai pas franchi les 100 000 malgré tout.
Cette Rombière est ma première moto. J’y reste très attaché car liée à mon histoire personnelle.
Malheureusement, je n’ai pas été aussi rigoureux sur son entretien qu’elle le méritait (pas bien

, même si j’ai essayé de faire au mieux). Et ce du fait d’une carrière mouvementée comportant de nombreuses périodes d’absences conséquentes, et bercé de l’illusion que son moteur était increvable, selon mes lectures de l’époque, quel naïf je fus

.
Elle a aussi été rejointe par la suite par une petite Varadero 125 de 2007 puis une Super Ténéré 1200 de 2012 (lorsque j’ai rencontrée madame), ce qui fait que j’alternais les montures et espaçais de facto les entretiens. Puis les projets de vie aidant, entre l’achat et l’aménagement d’une maison, les travaux « surprises » qui continue d’arriver, et autres investissements, j’ai été obligé de la mettre quelque peu en retrait, en attendant le jour où je pourrais lui offrir la grosse révision qu’elle méritait. Ayant deux autres motos à ma disposition, je pouvais patienter. Et résister pour ne pas la vendre, même si madame trouvait que 3 motos, ça faisait beaucoup…
C’est donc en 2019 que je lui ai offerte la grosse révision tant attendue, avec le changement du kit chaîne, des filtres, des trois disques de frein, des plaquettes, des pneus et le reste…. Pour mon plus grand bonheur, je chevauchais à nouveau mon fier destrier, qui plus est le plus confortable des 3

. Malheureusement, ce bonheur fut de courte durée (~8 mois) car est apparu un bruit inquiétant que je situais au niveau du cylindre avant

. Passage chez le mécano qui la suit et là la douche froide

! Un verdict qui tombe tel un couperet : le moteur est en fin de vie !
Solution proposée : acheter un moteur d’occasion et permuter. Je restais réticent à cette solution car je n’aurai pas connu la « vie » de ce moteur, ni pu estimer son potentiel restant. Et puis quelque part, c’était une grosse greffe hasardeuse pour ma Rombière, avec la peur que le chir sorte de salle d’op en disant « bon ce n’est pas gagné mais on va faire le maximum » et dès son retour en salle dire à son équipe « allez, on débranche tout ».
J’aurai pu partir sur l’achat d’une nouvelle moto. Aujourd’hui, il y en a deux qui me plaisent bien.
La nouvelle Africa Twin Adventure Sport 1100, mais elle aurait plutôt remplacé ma Super Ténéré qui arrive aussi en bout de course moteur avec plus de 140 000 km au compteur (pour le coup avec un entretien rigoureux, aucun écart). Mais à plus de 20 000€ avec les options, oups… d’autant que maintenant la Super Ténéré me fait les yeux doux en regardant sa grande sœur toute pimpante…
La seconde est la Hengjiang HJ 500-8, la copie chinoise de l’Africa Twin en 500 et dont Rieju propose une version « low cost », l’Adventura 500, à 7500 € sans accessoire hormis les pare-carters , ce qui est déjà bien, mais avec des équipements en moins que l’originale (ce que je regrette). Ceci dit globalement de bonnes critiques, une 500 pour une 600, qui plus est avec 2 réservoirs et presque 1000 km d’autonomie, sans doute la meilleure option pour moi sans passager.
Par contre, pas de coup de cœur pour la nouvelle transalp 750, qui plus est à plus de 10 000€ sans accessoire, et malgré le style TC/TT qui se rapproche plus de celui des Mamies, Rombières et Bourgeoises que des Bonettes décarénées.
Mais je ne pouvais m’y résoudre, d’une part financièrement et d’autre part affectivement. D’autant que ce forum regorgeait de restaurations moteur, plus magnifiques les unes que les autres, par des orfèvres de la mécanique, des passionnés, des audacieux. Ces posts me faisaient rêver d’un avenir possible pour la mienne.
J’aurai aimé m’y atteler mais dans mon cas, cela n’aurait pas été de l’audace mais de la témérité.
Par manque de connaissances techniques suffisantes, d’expérience, d’un endroit correct pour le faire, d’outillages spécifiques…
Non, à la témérité j’ai préféré l’audace d’ouvrir la carte transalpage, de regarder où se situaient ceux que je nomme les « mécaniciens de l’espoir » et de me décider à envoyer un mail à Bruno le 03 janvier 2021 pour lui demander s’il accepterait de refaire mon moteur.
Mon premier espoir vint de la réponse du maître m’invitant à l’appeler pour discuter du problème de ma Rombière, pour laquelle j’avais l’audace de troubler sa quiétude.
De peur, je n’osa point le contacter et attendis timidement de le faire à nouveau par message le 16 aout 2023. Car entretemps, j’avais gagné 2 ans d’exil parisien pour mon boulot avec de nombreux déplacements.
Il me répondit une nouvelle fois en m’invitant à l’appeler, ce que je fis cette fois. On ne trouble pas le maître 2 fois.
Dès le premier échange au téléphone, je fus rassuré en percevant une personne bienveillante, passionnée, à l’écoute, me confortant dans le choix que j’avais fait, et qui acceptait de restaurer ma moto. Cependant la place manquant dans son garage et le fait qu’il était surbooké par ses chantiers, il me dit qu’il reviendrait bientôt vers moi.
Débuta alors la longue attente d’un signe du professeur m’indiquant qu’il pouvait accueillir mon destrier mal en point, la peur de l'oubli. Pour ceux qui connaissent Bruno, ils savent que la place est comptée dans sa caverne d’Ali Baba.
Après quelques échanges de mail où il me rassurait qu’il ne m’avait point oublié, il a finalement trouvé une petite place pour que je lui amène ma Rombière.
C’est ainsi que ma belle débarqua chez lui le 27 avril 2024 sous un soleil radieux, de bonne augure.
La suite vous la connaissez au travers de ce topic, où Bruno partage généreusement son savoir-faire, sa minutie chirurgicale, son travail d’orfèvre pour le plus grand bonheur de tous.
A la presque fin de son travail, Bruno m’a également fait la joie de la primeur des premiers cris de la renaissance de mon moteur. Émotion garantie.
J’espère sincèrement que ce topic motivera ceux, dont le destrier arrive à bout de souffle, de se lancer dans une restauration ou, comme moi, de demander de l’aide auprès d’un des mécaniciens de l’espoir présents sur ce forum..
Petite aparté que j’estime important sur le coût, avec l’approbation de Bruno.
Cela participe à mon sens au travail de réflexion nécessaire avant de se lancer dans l’aventure de la restauration, pour celles et ceux qui comme moi n’ont pas du tout la notion du coût induit que cela pourrait impliquer et qui, du coup pourrait refuser l’obstacle...
En ce qui concerne ma Rombière, en terme de pièces, et seulement des pièces, grâce à Bruno qui m’a fait profiter de ses circuits d’appro, Titi qui m’a fourni les 2 demi-carters nécessaires au remplacement des originaux usinés par l’arbre de vilebrequin défectueux (et j’en profite au passage pour remercier Pascal dit Calou66 de les avoir proposés également), j’ai investi moins de 1000€ pour la seule restauration complète de ce moteur.
Bien sûr il y a aussi la part énormeeee du travail de Bruno qui n’a pas de prix, cela va sans dire, mais que je souhaite laisser sous silence.
Ceci dit, au regard d’un changement de moteur chez un mécanicien ayant pignon sur rue ou de l’achat d’une nouvelle moto, pour moi il n’y a pas photo, j’ai fait le bon choix.
J’espère que l’évocation de ce seul point permettra de sauver d’autres mamies, rombières, bourgeoises et autres bonettes.
J’ai toutefois un regret, un seul, celui de ne pas avoir pu être l’assistant de Bruno tout au long de cette belle aventure, celui qui passe le scalpel, les pinces et autres écarteurs, l’élève qui énerve par ses questions « mais pourquoi… », afin de vivre les différentes étapes de cette opération à carters ouverts, comprendre ce moteur pour mieux en prendre soin, et tout simplement apprendre car il y a des étapes dignes d’une piste noire à bosses que ne transcrivent pas les meilleures photos ou proses.
Petite fierté supplémentaire, cette Rombière italo-japonaise (car assemblée en Italie) est aussi aujourd’hui un petit peu espagnol de par l’énorme travail d’El Profesor mais aussi par la mise en place d’une amélioration d’El Doctor au niveau des fourches pour un meilleur amortissement (devenu progressif), qu’El Profesor a gentiment accepté de faire également.
Si Bruno ne doit rien à personne

, ce n’est pas mon cas et je tiens à remercier :
- Flan d’avoir créé ce forum qui, sans son existence, n’aurait sans nul doute pas permis cette superbe restauration. Forum auquel j’ai adhéré voici 13 ans et qui est à lui seul une véritable mine d’or de connaissances et conseils, permettant aux membres passionnés, compétents ou novices comme moi, d’échanger, de partager et de profiter de l’entraide voire l'aide dont j’ai pu bénéficier, comme d’autres ici avant moi et, j'en suis convaincu, après moi,
- Tous ceux qui ont partagé des posts sur la restauration de leur moteur et des évolutions de leurs motos (Barth 64, Calou 66, Titi, Zolive38, Joshfrom67, Alambic, MarcoPolo ….sans oublier El Doctor et El Profesor (toujours lui)) car c’est aussi grâce à eux que j’ai aujourd’hui un fier destrier flambant neuf,
- Et encore une fois toi , Bruno, El Profesor, que je rebaptiserai bien volontiers El Maestro, à moins que ce titre ne soit déjà pris.
Voilà ma Rombière est prête maintenant à dévorer routes et chemins. Elle piaffe d’impatience de sortir de sa stalle et de s’élancer à bride abattue vers l’infini et au-delà.
Bon, pas trop vite quand même au départ, il y a tout de même un virage à 90° passé le portail de Bruno…et puis il y a aussi l’indispensable rodage.
Je la récupère demain
