Récit en détail de cette terrible étape :
Frontière à Nouakchott.
C'est sous un soleil brûlant et un vent de 3/4 de face tout aussi brûlant que les derniers 470 kms de ligne droite se sont fait.
Trop chaud avec la veste je l'enlève, je roule en teeshirt, mais le soleil te brûle la peau, je suis cuit et recuit.... je remets la veste au bout d'une heure.
Quand on croise un autre véhicule, heureusement il y en a peu, une voiture t'envoie une pelle de sable, un camion c'est 3 pelles et tu as intérêt à fermer la visière et baisser la tête.
Je suis couvert de sable, derrière la moto on soulève un nuage de sable, j'imagine l'état du filtre à air et de la chaîne. Mais la moto pour l'instant ronronne bien.
Le long de ce parcours les côtés sont jonchés de débris de pneus éclatés, d'ailleurs j'ai vu plusieurs camions arrêtés, les chauffeurs en train de changer une roue, pneu éclaté, sous le soleil et 44°.
De nombreuses voitures en panne eux aussi un pneu éclaté.
Il y en avait un qui arrosé son moteur avec un seau d'eau

je n' ai pas compris où il avait pu trouver de l'eau, il n'y a rien d'autre que du sable, sûrement avec son jerrican d'eau pour boire.....
Sur la moto je m'endors, impossible de garder les yeux ouverts, la fatigue est là, je suis obligé de m'arrêter assez souvent en plein soleil , il n'y a pas d'arbre.
J'ai conservé mon eau assez fraîche un très long moment,. mais maintenant je bois de l'eau chaude, j'aurais dû prévoir du thé

À mis chemin il y a une petite ville, ou village.... qui s'appelle Chami, capitale mauritanienne des chercheurs d'or, c'est une vraie misère. Miracle une station avec du super et une épicerie avec des bouteilles d'eau glacée, j'en ai bu 1l pendant qu'il faisait le plein, et une autre que j'ai mis dans la housse spéciale fraîcheur

, ça tient bien pendant 2 bonnes heures.
Après mettre reposé enfin à l'ombre je reprends la route vers Nouakchott.
Même punition sur cette deuxième partie. Même décor.
À environ une centaine de kilomètres avant Nouakchott, un village, si on peut appeler ça un village..... de la misère comme je n'en ai jamais vu, d'un côté de la route des maisons ou plutôt des cabanes en bois, nos cabanes de jardin seraient un luxe pour eux.
De l'autre côté de la route , le dépotoir de bouteilles plastiques, une hauteur qui ferait s'évanouir nos écolos pur et dur

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Je me suis arrêté à ce qui ressemble à une épicerie, là aussi de l' eau bien glacée, ça permettra de faire la fin du parcours dans de meilleures conditions.
Un gamin vient me trouver et demande "cadeau" , j'ai prévu ce genre de situation, je lui ai donné une poignée de bonbons.
Arrivée à Nouakchott par une 2x2 voies séparée par un terre plein central où l'on peut rencontrer des véhicules qui arrivent en sens inverse sur nos voies.

Sur le terre plein central une vache crevée depuis certainement quelques jours.....
Un peu plus loin c'est un dromadaire sur le côté droit mais lui ça doit faire plusieurs semaines...... bienvenue à Nouakchott

L'entrée de la ville un grand carrefour le feu est au rouge depuis un bon moment, mais personne ne s'arrête

, je fais pareil je n'ai pas envie de me faire percuter par l'arrière


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Ça arrive de gauche, de droite ça tourne en coupant la route , ça klaxonne de partout.... Vive Nouakchott


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L'état de certaines voitures

on devine la marque grâce à quelques écussons encore présent

mais ça roule..... et vite

On se faufile comme on peut au milieu de tout ça. Les carrefours : un cauchemar...... mais je suis toujours vivant et bien arrivé à l'hôtel.
Piétons pour rejoindre un resto , même punition pour traverser, la solution que j'ai trouvé : je vise un moment où il y a assez d'espace entre ceux qui arrivent de gauche et de droite et je traverse en fermant les yeux en espérant arriver à l'autre trottoir

Voilà je suis dans la grande Afrique
