André, de Montpellier, passait quelques jours dans le coin et je l'emmène sur les routes tournicotantes de mes montagnes aimées. Outre le plaisir de rouler à deux motos, ce devrait être l'occasion de comparer la méthode tout GPS de mon compagnon, photographe de talent,( http://www.graphylight.com/), à celle plus traditionnelle (qui a dit dépassée?) des cartes Michelin version jaune soutenues par un instinct plus ou moins fiable de motard bourlingueur.
Un passage par le boulevard des Pyrénées ne peut que nous mettre en appétit. Imaginez une rue bordée à gauche par un simplet parapet, située au sud de la ville, dominant la gare et le gave de Pau en contrebas. La vue sur les coteaux environnants et le massif pyrénéen vaut le détour. Après avoir admiré ce cadre, on n'a qu'une envie, aller voir ces montagnes de plus près.
C'est ce que nous faisons, en évitant soigneusement tout ce qui ressemble à une ligne droite. Cela commence par les coteaux de Guindalos avec ses épingles qui se referment, puis une route alternant montées et descentes, revêtement bosselé et billard.
Après Asson, nous nous dirigeons vers le col du Soulor que j'emprunte si souvent mais nous bifurquons sur la gauche pour gagner un peu de hauteur. Les couleurs matinales sont superbes. Puis, c'est la descente vers Lestelle Bétharram où nous retrouvons pour un temps un axe un peu moins pittoresque bien que longeant le gave et sa douce fraîcheur.
Avant Lourdes, direction Ossen par le petit col de Bescuns.
Nous passons au dessus de l'insipide quatre voies entre Lourdes et Argelès-Gazost pour pénétrer dans ce petit coin du paradis motard, le piémont, qui nous emmène jusqu'à Germs sur l'Oussouet ( ne pas oublier de prononcer le ète à la fin) dont le nom sonne comme une invitation.
Nous partons à la recherche du col de Couret et, guidé par mon sens inné de l'orientation, je m'arrête près du Citroën Berlingo d'un couple du coin pour qu'ils nous confirment que nous sommes sur le bon chemin.... En fait, oui, mais nous avons juste emprunté un petit détour.... André dit Monsieur GPS bombe un peu plus le torse en manipulant son écran fixé au dessus du tableau de bord. Je le laisse avec ses convictions modernistes (!) et démarre avec l'assurance des chats qui retombent sur leurs pattes
Labassère. Une petite halte s'impose pour manger les crêpes que j'ai confectionnées ce matin.

Nous repartons dans la longue descente jusqu'à Bagnères de Bigorre. Pendant vingt kilomètres, la route du col d'Aspin un peu trop fréquentée par les cyclistes motivés et automobilistes frileux ralentit notre cadence et notre plaisir.
A Payolle, je prends donc la direction de la Hourquette d'Ancizan que je sais plus calme (mais pas moins belle, au contraire). Les chevaux et vaches déambulent en toute liberté dans des vastes prairies.

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Arrivé au sommet ...il n'y a plus qu'à redescendre.
A l'entrée de Saint Lary Soulan, nous attaquons le col d'Azet. Depuis le départ, je n'ai pas dépassé les 6000 tours/minute (et très peu souvent), ce petit bicylindre ne cesse de m'étonner par sa disponibilité. D'ailleurs je sens que la poussive Africa Twin a du mal à suivre la cadence; il va falloir qu'André songe sérieusement à emprunter la CB 500 X de sa compagne la prochaine fois....




Au sommet du col, une providentielle caravane nous attend. La sympathique propriétaire vend quelques boissons et, comme nourriture des croque-monsieur ou ...des croque-monsieur. Va pour cette spécialité haut-pyrénéenne pour requinquer les deux motards.
Descente piégeuse sur Loudenvielle avec une route en réfection.
Nous rejoignons le col de Peyresourde où je lâche (modérément) la bride. Nous arrivons à Luchon et il est trop tard pour terminer mon itinéraire du départ un peu optimiste. Exit le col du Portillon et plus loin le col d'Artigascou que j'avais emprunté dans le brouillard il y a quelques années au guidon de la Crossrunner prêtée par mon généreux concessionnaire.
André, voilà ce que tu as loupé, ( ou ce à quoi tu as échappé


Une petite boisson à côté de Saint Béat et nous nous séparons. André poursuit vers l'Ariège et je m'en retourne chez moi sans consulter la carte et en me fiant à mon feeling. Résultat, j'ai tourné un peu en rond mais j'ai découvert un coin superbe que je retournerai visiter un jour prochain. Cela a du bon d'accepter de se laisser perdre!
Bilan de la journée : 350 kilomètres supplémentaires de bonheur au compteur!




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